Un peu d'histoire...
La Ciguatera est reportée pour la première fois aux îles
Vanuatu en 1606. Le Capitaine Cook signale sa présence en 1774.
Il est fort probable qu'elle existe depuis toujours... Toutes les régions
tropicales mais spécialement les Antilles et le Pacifique Sud
sont concernées...
De quoi s'agit-il ?
La Ciguatera est une maladie causée par ingestion de poisson
ou de mollusque infecté par une neurotoxine qui se trouve dans
une algue coralienne (Gambierdiscus toxicus). Les poissons mangent cette
algue et concentrent la toxine spécialement dans leur tête
et leurs viscères. Lorsque les humains mangent ces poissons ils
ingèrent cette neurotoxine de façon plus ou moins concentrée
en fonction de la taille du poisson : les plus gros sont les plus dangeureux,
car au bout de la chaîne alimentaire, ils ont accumulé
plus de toxine.
Quels poissons ?
Le danger principal résulte de l'ingestion des grands prédateurs
et spécialement les gros individus... c'est à dire ceux
qui mordent le plus souvent à votre ligne de traîne ! Citons
spécialement le barracuda, la caranque (Jack en anglais), vivanneau,
mérou et poisson-chirurgien.

A
quel endroit ?
Les poissons de haute mer (thon, bonites, daurade), pêchés
en pleines eaux, loins des côtes ne présentent normalement
aucun danger. Attention à la pêche près des îles
!
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La
coutume dit que les poissons pêchés au Sud de la Guadeloupe
présentent moins de risques... la science ne valide que partiellement
cette information !
Quels symptômes ?
La ciguatera n'est pas mortelle ! Les symptômes les plus fréquents
sont des démangeaisons (d'où son surnom de gratte), une
"sensation de coton dans la bouche, une perte de sensibilité
dans les extrémités, des étourdissements, des frissons,
l'inversion de la sensation de chaud et de froid, des sueurs et bien
sûr des troubles gastriques (diarrhées, coliques, crampes)
(Voir
ce lien)
Certaines sources mentionnent également le coma...
(Etudes
de cas)
De toute façon, les symptômes mettent du temps à
disparaître (de plusieurs jours à ... plusieurs mois !)
Quelle prévention ?
Malheureusement la toxine est "thermostable" c'est à
dire qu'elle résiste à la cuisson et à la congélation...
De plus, elle ne présente aucun goût et ne se voit pas,
ce qui rend sa détection très difficile...
La tradition rapporte des techniques plutôt amusantes:
- La technique du chat (ou du chien) prévoit de faire
manger le poisson douteux à un chat (ou un chien) et de voir
ce qui arrive à la pauvre bête qui est - il est vrai -
plus sensible à la toxine (!)
- La technique du foie qui consiste à poser le
bout de la langue sur le foie du poisson et de percevoir un goût
acidulé.
- La technique des fourmis, lesquelles ne seraient attirées
que par la chair saine...
Et que dit la science ?
Les avis sont très partagés... Certaines sources affirment
qu'il est impossible de tester avec certitude la chair du poisson, d'autres
mentionnent des remèdes comme le "Mannitol", un diurétique
utilisé dans l'oeudème cervical. (Pacific
Island Monthly)
La solution ?
Une société américaine a mis sur le marché
un nouveau test appellé CIGA-CHECK qui permet de vérifier
la toxicité de la chair. Ce test est même vendu directement
sur internet . (cigua.com).
Les avis médicaux sont partagés quant à son efficacité.
Pour en savoir plus:
En français:
http://www.cgiar.org
En anglais:
http://starbulletin.com
http://www.hawaii.gov
http://www.tahitinet.com
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